maternage, portage, couches lavables, et tout ce qui pousse dans le jardin de mme boda
Dit-elle en baissant la sienne à chaque fois que la voiture passe sous un pont. Je me demande si c’est une blague, car ça la fait rire, ou si elle est sérieuse et répète ce qu’elle entend bien trop souvent : attention la tête, ne cours pas-tu vas tomber. J’évite au maximum d’utiliser ces phrases. Mais je ne peux faire taire les personnes autour de nous. J’ai essayé mais c’est viscéral : elles poussent leurs cris de terreur avant que j’ai pu dégainer ma parade.
Tout d’abord je pense que c’est à l’enfant de découvrir ses propres limites. De la même façon qu’il a appris à marcher, le parent ne lui a pas fait avancer les jambes une par une, mais lui a tenu les mains puis l’a lâché et ne lui a pas épargné quelques bosses. Si on devance l’enfant en lui faisant peur avec notre perception on risque de le limiter. Pour le protéger, il vaut mieux qu‘il se fie à lui-même que de compter sur le cri de ses parents et foncer tête baisser le reste du temps, il vaut mieux aussi découvrir qu’on peut se faire mal à l’âge de l’escalade des chaise qu’à celui des motos et des voitures. Mais si on le limite en racontant n’importe quoi, juste pour lui dire « attention la tête », là ça va pas, ça devient un automatisme superflu et encombrant.
Adulte, nous vivons empêtrés dans ces consignes limitatives. Les nécessaires comme les inutiles. Et il n’y a que les nouvelles expériences avec des personnes moins contraintes que j’ai pu faire peau neuve et me débarrasser de quelques unes.
Ma fille entend presque toutes les semaines : « Ne cours pas, tu vas tomber », alors vite, je cours avec elle.